dimanche 15 octobre 2017

HASHTAGS FÉMINISTES, ESPACES PERFORMATIFS & «HISTOIRES VÉCUES»


Je découvre à l’instant le Hashtag #Balancetonporc qui circule sur Twitter. Surréaliste ! … j’ai pensé.

J’ai donc là sur mon cellulaire le bout du bâton. Ah Michael, je l’imagine déjà entrain de suer abondamment à l’idée de lire mon histoire de Hashtag #Balancetonporc sur son fil Twitter… Il a alors des crampes au ventre et même une pressante envie de faire pipi dans ses culottes… Le porc.


Parce que là maintenant,  rien ne me  conditionne par l’enfermement des possibilités établies dans un cadre patriarcal. Je peux aussi balancer lui, Michael (il me fait plaisir de répéter...), puis l’autre et même balancer une «truie»…  N’est-il pas vrai que « Ce que l’on ne met pas en mots, s’imprime – et s’exprime par des maux. »[1].

La libération du refoulé par le #Hashtag

Les #Hashtags féministes luttent contre le sexisme et sont autant l’expression de mouvements d’affirmation que d’indignation. Il est ici pertinent de noter que les réseaux sociaux s’inscrivent comme seul ESPACE PUBLIC où l’égalité est atteinte et où les femmes sont majoritaires. Le professeur Derek Conrad Murray[2] n’a-t-il pas identifié le selfie sur les réseaux sociaux comme « une forme politique d'opposition et une esthétique de la résistance pour la plupart des jeunes femmes »[3] ?

Avec des Hashtags tels que #Balancetonporc pour dénoncer le harcèlement sexuel ou #CeciNestPasUnCintre, pour défendre le droit à l’avortement, le réseau Twitter permet un lieu de transgression, de production et de reproduction des rapports de genre où les femmes agissent, réagissent, assument et gèrent les situations en 140 caractères. Un espace à soi !

Espaces performatifs...Espace de RÉSISTANCE


La performativité pour établir de nouvelles formes de mémoire et faciliter la réparation sociale.
Ce nouvel espace d’émancipation  permet,quoiqu'on en dise, ce face à face avec nos récits de vie, ceux que nous avons sur la langue et que nous taisons… Quelque chose de plus qu’une simple dénonciation : une rencontre, une plateforme de solidarité et de RÉSISTANCE.

Les femmes sont des tisseuses de liens  et ... NOMMER, c’est faire EXISTER !








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Notes* Depuis la publication de ce billet, sont apparus les #HASHTAGS #MeToo et  #Moiaussi (16 et 17 octobre 2017)

Pour aller plus loin, voici quelques #HASHTAGS FÉMINISTES


#Balancetonporc, pour libérer la parole et dénoncer le harcèlement sexuel après l’affaire Weinstein

#IamMoreThan, en soutien aux personnes victimes de harcèlement et d’intimidation

#SayHerName, en mémoire des femmes noires victimes de brutalités policières 

#365FeministSelfie, un projet de l'Université  de l'Illinois à Chicago pour encourager les femmes à prendre un cliché d'elles-mêmes chaque jour pendant un an, peu importe la façon dont elles se regardent

#BringBackOurGirls, pour la mobilisation contre le kidnapping de jeunes femmes par Boko Haram

#HeForShe, une campagne de UN Women soutenue par l’actrice Emma Watson pour inciter les hommes à supporter et promouvoir le droit des femmes

#jesuisféministejesuisdici pour le Musée de la Femme

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PEW, RESEARCH CENTER, Internet & Technology, Social Media Update 2016 http://www.pewinternet.org/2016/11/11/social-media-update-2016/

Felix Richter, Jun 3, 2013 Women Lead Men in Social Media Adoption https://www.statista.com/chart/1147/social-network-adoption-in-the-united-states/




[1] Anne Ancelin Schützenberger
[2]Derek Conrad Murray  http://havc.ucsc.edu/faculty/derek-murray
[3]While the general sentiment toward selfies is that they are acts of online narcissism, Murray believes they may, in fact, be also understood as “a politically oppositional and aesthetic form of resistance” for many of the young women who take them. https://www.good.is/articles/selfie-sign-of-self-expression-and-revolutionary-political-movement“. Rafi Schwartz (2015) Is it Time to Rethink the Selfie as a Feminist Political Statement? https://www.good.is/articles/selfie-sign-of-self-expression-and-revolutionary-political-movement

jeudi 12 octobre 2017

WEINSTEIN, LES AUTRES ET LA POLITIQUE …


Ouvrez les yeux …Puis essayez de dormir maintenant !

À 5h00 du matin, qu’est-ce qui pousse à décliner à de façon effrénée un texte ?
L’excitante campagne électorale au municipale, l’article sur le don d’œuvres d’artistes aux musées du journal le Monde, posté sur facebook par Louvre pour tous, ou la descente aux enfers du producteur hollywoodien Weinstein?  Toutes des nouvelles qui nous collent au plafond ou nous font échapper un long soupir.

Il y a cependant de l’espoir. Tous ces sujets ont certainement généreusement contribué à mon effervescence mentale nocturne qui donne lieu à ce billet sur tous les libidineux du pouvoir, hommes ou femme confondus. Mais aussi, quelle chance que les interdictions et les dictats s’inscrivent dorénavant dans une histoire digitale des victoires et des résistances.[1] Au-delà de la déclinaison de sujets à toutes les sauces, féministe, politique, économique, artistique, géopolitique, religieux ... nos points de vue ainsi que la fluctuation de nos avis en deviennent ou renforcés ou édulcorés. D’où la pratique assidue du tri et l’exigence de la lecture jusqu’à la fin, pour affûter notre jugement.

ESSAYEZ DE DORMIR MAINTENANT… !
Ce que dit le bris des silences de femmes…et peut être d’hommes (qui sait si nous avons tout le film?), c’est que les personnes en position de pouvoir croient un peu beaucoup … pouvoir disposer des autres comme bon leur semble.  L’évidence en est que la ''posture du silencé''et la politique de l’autruche les fortifient. Mieux encore, notre appui de façon récurrente les maintienne au pouvoir , leur en donne l'illusion et leur offre en boni, le luxe de continuer.

La bonne nouvelle est qu'à la mémoire de nos déjà-vus, bye bye l’impunité, finies à tous niveaux les allures d’invisibilité et bienvenue à la promesse d’établir des harmonies, correspondances et concomitances dans la construction d’un récit sur soi -même.

#briserlessilences
#impactmuseum
#onlacherien

            …Il fait déjà 6h05 du matin.


Pour en savoir plus #feminineforce #expoapertedevue



[1] des jeunes iraniennes posant sans voile  postées sur les réseaux sociaux[1].

mercredi 13 avril 2016

LA CONFIANCE DANS LES MUSÉES


CHERS PUBLICS, VOUS FAITES CONFIANCE MAIS...
JUSTEMENT, IL Y A CE PETIT MAIS DONT VOUS NE SAVEZ QUE PENSER…
                                      
Les institutions muséales sont perçues mondialement comme étant une valeur sûre de confiance et d’intégrité. Cette reconnaissance est avouée être, à l’interne, l’une des plus grandes valeurs des musées. Conséquemment ceux-ci font de leur mieux pour s’en porter garants en mettant de l’avant des politiques d’excellence et de certification de qualité ainsi que de la rigueur dans leurs expositions, leurs publications et dans toutes autres productions muséales.
En amont de ces critères ambitieux d’excellence culturelle, les nombreuses contraintes financières de notre actualité, imposent de nouveaux paradigmes de développement et changent la dynamique muséale[1] 

L’exigence de ces nouveaux paradigmes opérationnels est un nouveau défi pour les grands, moyens et petits musées. Elle nécessite de réviser à la hausse les standards dans la supervision et la gestion des institutions muséales,  tout en créant un environnement de proximité propice à la diffusion des savoir-faire et du savoir-être des musées. Dès lors, l’établissement de la confiance des publics autour de nouvelles formes de gouvernance muséale est incontournable et implique le renouvellement des procédures démocratiques. 

NOUVEAUX PARADIGMES, NOUVEAUX TYPES DE GESTION

 L’émergence d’institutions muséales privées ou publiques de type « antennes » telles que le Guggenheim est aujourd’hui à la mode : le Louvre et le Centre Pompidou qui sont des musées publics détenant des collections nationales ont désormais des antennes au national et à l’international. Ces éléments sont significatifs pour les musées au prise avec la logique du marché et l’obligation de la diversification des ressources financières. À cet égard, il convient de se demander comment les institutions muséales garderont la confiance des publics face à la dynamique potentiellement transactionnelle et lucrative de ce type de gestion. Qu’en est-il de leur caractère non lucratif [2]? Comment s’assurer de leurs niveaux d’excellence, de crédibilité, d’éthique des collections et leur déontologie professionnelle, qu’elles soient « franchisées ou antennes » ou non?
Par ailleurs, que penser d’une des problématiques cruciales que soulève la question de la domanialité publique des biens, de libéralisation des collections, de restitutions[3] d’objets, des prêts de collections nationales et peut-être leur cession[4]. La préoccupation de la question de la permanence et de l’inaliénabilité des collections étant centrale, les institutions  muséales font face à une considération éthique : qu’est-ce que l’on vend et qu’est-ce que l’on garde? 

En attendant, le Rapport Levy Jouvet a tranché en ces termes :
« À l’heure actuelle, les musées ne sont pas autorisés à louer ou à vendre les œuvres d’art, qu’elles fassent partie de leurs collections permanentes ou de leurs réserves, pour financer des opérations assimilables à des investissements, qu’il s’agisse d’acquisitions ou de projets de restauration et de développement. […] La pertinence de cette restriction est une question qui mérite aujourd’hui d’être posée.»[5]

LA CONFIANCE ET LES MÉMOIRES

Les musées ont une puissance identitaire : selon Stuart Hall : « Les musées ne sont pas simplement là pour émettre des descriptions objectives ou former des assemblages logiques; ils génèrent des représentations et des significations ... ».[6] En effet, le développement d’une marque muséale au local, au national ou à l’international, au-delà du prêt du nom et du transfert des savoir-faire, implique de nombreuses autres problématiques qui sont souvent perçues comme sensibles auprès des publics.

Dans l’environnement discursif de notre contemporanéité où comme la plupart des entreprises et organisations, les musées entretiennent leur présence dans les réseaux sociaux à la recherche d’une validation sociale puissante, ou par le biais de la publicité et de la médiatisation de leurs offres culturelles, la relation avec les publics reste fragile. Malgré l’incontournable stratégie de l’image présente autant dans les petits que les grands musées, celle-ci nécessite d’un point de vue éthique de maintenir un niveau d’excellence à travers le développement et la mise en valeur continue de leurs savoir-faire et de leurs expertises en matière de conservation, d’exposition mais aussi, d’entretenir la nature relationnelle entre les publics et les institutions muséales, comme condition incontournable à la gestion muséale.

Si la réalité financière des musées se concrétisent de plus en plus à travers : la recherche de partenariats privés, le développement de produits dérivés et des publications, la mise en place de boutiques et de restaurants, les investissements en communication et marketing ainsi que la capacité de lever des fonds, il s’agit ici d’un équilibre précaire [7] lorsqu’aucune participation démocratique, ni sentiment de responsabilités partagées entre les musées et leur communauté n’entrent en jeu.

LES PUBLICS COMME PILIER, LA CONFIANCE COMME FONDEMENT…
Faisant référence à l’Association pour le Développement du Mécénat industriel et commercial (l’A.D.M.I.C.A.L), Jean Tobelem souligne dès 1992 que « Selon PADMICAL, le musée « apparaît depuis dix ans comme le lieu privilégié de l'expression culturelle du monde économique »[8] : le caractère répétitif des paradigmes de gestion d’entreprises privés enracinés dans les musées en appelle à la  dé-traditionalisation de l’expérience du visiteur claquée sur ce que certains auteurs ont qualifié de Luna Park[9]  à l’exemple de la présence de toboggans au musée Tate[10] et de la marchandisation exacerbée de l’expérience muséale, assimilables aux loisirs populaires. Par ailleurs, à l’exemple des musées américains, l’intégration de boarders trustees, la mise en place de club de mécènes ou d’espaces philanthropiques qui s’associent au prestige du musée, mais aussi, ou surtout, à sa capacité de fournir des reçus d’impôts par la fondation du musée. Toutes ces activités interrogent les nouvelles compétences que les directeurs de musées doivent désormais développer et supposent : 
Une rupture épistémologique dans la définition même du musée qui questionne l’institution au point d’être discuté par l’ICOM qui réfléchit à la proposition d’un élargissement des fonctions muséales à l’architecture et la gestion.[11]

Incidemment, l’ambivalence entre industries culturelles et industries créatives dans la vie de nos institutions muséales signe une étape importante où le caractère non lucratif des musées est tout autant questionnable que leur rapport aux publics. Au-delà de la sémantique hautement politique du concept de créativité justifié par la baisse des fonds publics aux institutions culturelles, il y a lieu de discuter d’un nouveau mode de gestion alternatif qui met les publics au cœur des projets muséaux.

La confiance générant attachement et fidélisation aux institutions, les musées, au service de la collectivité et de leur patrimoine commun pourraient saisir l’opportunité offerte par leur patrimoine immatériel en misant tout autant sur leur stratégie de marque que sur la création de leur capital social. Celles-ci étant tributaires de valeurs communes peuvent sans conteste permettre de mieux penser la continuité et la viabilité des institutions : un atout majeur sur la structure et sur les performances des musées !



BIBLIOGRAPHIE
Brosseau, Jonathan (2013) Le Devoir,  Vendre des oeuvres pour payer les dettes de la Ville de Détroit Récupéré de http://www.ledevoir.com/culture/arts-visuels/379893/vendre-des-oeuvres-pour-payer-les-dettes-de-la-ville-de-detroit
Defawe, P. (2006, 11 octobre). Cinq toboggans géants pour rentrer à la Tate Modern de Londres. Le Moniteur. Récupéré de http://www.lemoniteur.fr/157-realisations/article/insolite/525949-cinq-toboggans-geants-pour-rentrer-a-la-tate-modern-de-londres.Stuart H. (1997) Representation: Cultural Representations and Signifying Practices (London: Sage publications, p.4LÉVY, Maurice et Jean-Pierre
ICOM. (2012). La Définition du musée. Récupéré de http://icom.museum/la-vision/definition-du-musee/print/1/L/2/
Jouyet (2006) L’économie de l’immatériel, la croissance de demain. Rapport de la Commission sur l’Économie de l’immatériel. En ligne. [http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/064000880/0000.pdf].
Mairesse, F. et Desvallées, A. (dir.). (2007). Vers une redéfinition du musée ? Paris : Éditions L’Harmattan. p.54.
Mairesse, F. et Desvallée, A. (éd.). (2010). Key Concepts of Museology. [Document PDF]. Conseil international des musées (ICOM). Récupéré de http://icom.museum/fileadmin/user_upload/pdf/Key_Concepts_of_Museology/Museologie_Anglais_BD.pdf.
Semprini, A. (2005), « La marque une puissance fragile », Melchior, Récupéré de  http://www.melchior.fr/index.php?id=5532&no_cache=1&type=123.
Tobelem, J.M (1992) De l'approche marketing dans les musées In: Publics et Musées. N°2, p.57À l’image du parc d’attraction : LunaPark. Coney Island. (n.d.). Welcome. Récupéré de http://lunaparknyc.com/.
VIVANT, Elsa (2008) « Du musée-conservateur au musée-entrepreneur ». Téoros. Vol.27. N° 3.  Récupéré de http://teoros.revues.org/82 , p. 43-52.



samedi 7 mars 2015

LE FÉMINISME DE LA FÊTE DU 08 MARS ET CELUI DU QUOTIDIEN ...


J'attends le 8 mars crispée à l'avance. Le féminisme devenu une autre grosse business de la Fââââmme fait un retour en force.

En 2007, lorsque je fondais le Musée de la Femme, la pertinence de ce type d’institution relevait de l’inusité… l’égalité était alors considérée en boîte, réglée m’avait-on soufflé. Aujourd’hui c’est le déluge, féministes par ci, féministes par-là, féministes coûte que coûte…C’est open... Même plus peur ! Merci d’avance.

Le 08 mars politically correct, commercial, évènementiel et tendance s’inscrit dans cette instantanéité où un drame chasse l’autre, à l’image du phénomène assourdissant Bring back our girls, dénoncé sur les réseaux sociaux puis étouffé. Puis il y a eu le bris des silences … puis plus rien, rien que des murmures et des célébrations. Et pendant que nous nous congratulons ainsi de nos avancées yoyo sur fond de silence radio, il y a l’infini flots de reculs, des viols non résolus tout près de chez nous, des disparitions de femmes amérindiennes trop démoralisantes pour être audibles …

Vivre le féminisme est plus qu’un like, un tweet, un discours, un party de filles ou une banderole. C’est une démarche intégrée, cohérente qui « dépassent largement les droits et les revendications [1]» et qui amène à voir.

Toute révolution est due à une élévation des aspirations

Se gargariser de l’histoire des femmes et non du désir d’égalité hommes-femmes, sur fond de nostalgie du chemin parcouru, est-ce là donc le prix de l’égalité hommes-femmes ?

Toute révolution est due à une élévation des aspirations. Au-delà du label féministe, de la féminisation des noms de métiers, de la journée sans maquillage et des cupcakes à l’effigie de la cause, la violence faites aux femmes peine à se financer : en matière de condition féminine, le prisme du cercle de la violence n’est familier aux  professionnels (lles)  de la politique au féminisme fragmenté et aux entreprises au féminisme édulcoré que comme étant rien qu’un cercle.

Le désir d’égalité hommes-femmes ne peut s’instrumentaliser : il est là chaque matin où les ressources pour les femmes sont précaires, mises à mal ou inexistantes.

Désir ou comédie?

À force de vouloir faire du capital sur le dos du féminisme, on tire en l’air !  Au-delà des célébrations huitmars-nesques, l’atteinte de l’égalité ou mieux, la conscience de l’atteinte de l’égalité reste encore un défi : la prise de conscience impliquant indubitablement une réflexion sur soi.  Kant soutenait que la puissance de réflexion qu’est la conscience (propre au sujet pensant) élève l’homme « infiniment » au-dessus de tous les autres êtres vivants. L’inconscience, dans cette perspective, irait de pair avec l’irresponsabilité morale. Elle signalerait la faiblesse ou la déficience de la volonté.

Le Musée de la Femme situé à Longueuil a comme ambition d’être à la hauteur de la contribution des femmes. Il préconise une attitude participative versus une attitude contemplative. Le musée, comme institution est donc un « lieu hautement politique[2] ». Il donne à voir, il raconte une histoire : celle qui « amène à voir » comment les politiciens et les partenariats tentent de remodeler le musée. Pour Roland Arpin, le musée se doit de faire la différence entre la fonction politique du musée et l’action politique : le musée comme acteur social a pour mission de diffuser, d’informer, d’éduquer, de conserver... mais pas la voie politique[3]. Il existe donc un enjeu de proximité qui se traduit par la participation de la communauté : une audience et une démarche qui permet tout au long des étapes de l’enracinement du Musée de la Femme dans la collectivité, d’enclencher la réflexion sur l’évolution de la condition féminine, le renforcement du leadership des femmes, le genre, les constructions sociales, le destin  «probable », pour faire de l’Histoire.

Une solidarité plus que nécessaire

Désirer l'égalité entre les femmes et les hommes nécessite une honnêteté intellectuelle doublée d’une vigilance psychique, c’est-à-dire éveil et attention. Elle implique la prise en compte d’une de ces questions transversales qui croisent toutes les autres discriminations. Qu’elles soient liées à l'origine, au handicap, à l'âge, à l'orientation sexuelle... et à l'ensemble des questions politiques et sociales, que ce soit l'emploi, la pauvreté, le logement, les violences, la culture, l'aménagement du territoire…

Le mouvement féministe a une histoire : «[en] la femme se recoupent l'histoire de toutes les femmes, son histoire personnelle, l'histoire nationale et internationale [4]». La transmission de nos récits croisés requiert une aptitude à revenir régulièrement au point d'ancrage. Il est temps pour les femmes de miser sur la force du NOMBRE. Le féminisme est capital et non un capital !

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Le Musée de la Femme est le 1er au Canada et 8ième sur plus 45 Musées de femmes dans le monde. Il contribue au renforcement du leadership des femmes et vous plonge au cœur de la vie des femmes du Québec de 1617 à nos jours. www.museedelafemme.qc.ca




[1] Bourcier, M.-H. et Moliner, A. (2012). Comprendre le féminisme. Montréal : Max Milo Editions.


[2] Martinache, I. (2008). Les musées, lieux hautement politiques. La Vie des idées. Récupéré de http://www.laviedesidees.fr/Les-musees-lieux-hautement.html.


[3] Arpin, R. (1999). La fonction politique des musées. Montréal : Les Éditions Fides.


[4] Cixous, H. (1975). Le Rire de la Méduse (pp. 39-54.).  L'Arc, 6.


HASHTAGS FÉMINISTES, ESPACES PERFORMATIFS & «HISTOIRES VÉCUES»

Je découvre à l’instant le Hashtag #Balancetonporc qui circule sur Twitter. Surréaliste ! … j’ai pensé. J’ai donc là sur mon c...